Brassica oleracea var. gemmifera.
Le chou de Bruxelles, malgré son nom, n'a pas grand-chose à voir avec la capitale belge, du moins pas plus que toutes les autres variantes de l'extraordinaire espèce Brassica oleracea dont il est issu. La plante a néanmoins été cultivée à grande échelle dans la région bruxelloise dès le XIIIᵉ siècle, où des maraîchers astucieux ont sélectionné au fil des siècles cette curiosité botanique, une tige droite et haute le long de laquelle se forment, à chaque aisselle de feuille, une petite pomme miniature, un mini-chou parfait. La variété Long Island Improved, sélectionnée vers 1890 dans les maraîchages de Long Island près de New York par la maison Peter Henderson, a longtemps été le standard nord-américain et reste l'une des rares variétés à pollinisation libre encore largement cultivée en jardin domestique.
Plante imposante de 50 à 60 cm, qui ressemble à un palmier miniature dont le tronc serait incrusté de petites boules vert foncé bien serrées, 50 à 100 par pied à pleine production. Chaque pomme de 2 à 3 cm de diamètre, ferme, dense, à la saveur prononcée de chou avec une note sucrée et noisettée qui se développe avec le froid. Délicieux rôtis à haute température au four jusqu'à ce que les feuilles extérieures caramélisent (la nouvelle religion culinaire qui a réhabilité ce légume mal aimé), poêlés au beurre et au bacon, à la vapeur arrosés d'une vinaigrette à l'érable et à la moutarde, ou simplement coupés en deux et grillés sur le BBQ. Particularité précieuse: c'est l'un des très rares légumes qu'on peut récolter sous la neige, souvent jusqu'en novembre voire décembre au Québec, les premiers gels durs ne l'endommagent pas, ils l'améliorent. Les sucres s'accumulent en réponse au froid comme antigel naturel, et un chou de Bruxelles cueilli après une gelée est sans commune mesure avec un chou récolté avant.
Petit truc du semeur: longue saison (90 à 100 jours après repiquage), démarrage intérieur indispensable au Québec, début juin pour une récolte de fin octobre à décembre. Comme tous les crucifères, sensible à la piéride du chou, filet anti-insectes obligatoire dès le repiquage. Pour favoriser le développement et l'uniformité des pommes, plusieurs jardiniers pincent le bourgeon terminal de la plante à la mi-août (environ 6 semaines avant la récolte), ça arrête la croissance vers le haut et redirige l'énergie vers la maturation des pommes existantes. Récolter du bas vers le haut à mesure que les pommes deviennent fermes et bien formées, idéalement après une ou deux bonnes gelées.
- Pollinisation libre. Bisannuel, la floraison n'a lieu qu'en deuxième année. Pollinisé par les insectes, se croise avec toutes les autres Brassica oleracea (chou, brocoli, kale, etc.), à isoler rigoureusement pour la sauvegarde des semences.
- Hauteur: 50 à 60 cm.
- Maturité: 90 à 100 jours après transplantation.
- Exposition: plein soleil.
- Sol très riche, profond, bien drainé, légèrement alcalin (pH 6,5-7,5). Plante gourmande, amender généreusement avec compost mûr. Espacer les plants de 60 cm en tous sens.
- Semis intérieur 6 à 8 semaines avant le repiquage (début juin au Québec). Tolère et bonifie aux gels durs, récolte possible jusqu'en novembre-décembre. Rotation stricte avec les autres crucifères.