Rosmarinus officinalis.
Le ros marinus des Romains, la « rosée de la mer » qui poussait spontanément sur les falaises arides du pourtour méditerranéen, ses feuilles couvertes au lever du jour des gouttelettes ramenées par le vent marin. Le nom latin lui est resté pendant deux millénaires, jusqu'à ce qu'une révision botanique récente, le reclasse parmi les sauges sous le nom de Salvia rosmarinus. Plante d'une dignité ancienne, associée depuis l'Antiquité à la mémoire, les étudiants grecs portaient des couronnes de romarin pendant leurs examens pour aiguiser leur esprit, les Romains en garnissaient les tombes pour que les vivants ne les oublient pas, et l'Ophélie de Shakespeare le tend à son frère endeuillé en lui disant « There's rosemary, that's for remembrance. » La science moderne, intrigante coïncidence, confirme aujourd'hui un effet modeste mais réel des composés volatils du romarin sur la mémoire et la concentration en aromathérapie.
Arbuste vivace ligneux d'origine méditerranéenne, qui forme un buisson dense de 60 cm à 1,5 m, aux feuilles étroites en aiguilles vert foncé brillantes sur le dessus et argentées en dessous, dégageant à la moindre caresse un parfum résineux, pin-camphré, presque balsamique. En cuisine, c'est l'âme du gigot d'agneau rôti, des pommes de terre rissolées à l'ail, de la focaccia toscane, des huiles aromatiques infusées, du poulet grillé au citron, des marinades pour viandes au feu de bois. Quelques tiges suffisent, le romarin est puissant, presque envahissant en bouche, et un peu trop transforme un plat. Ses fleurs bleu pâle ou violet clair sont également comestibles, joliment dispersées sur une salade ou un dessert à base d'huile d'olive et de miel.
Petit truc du semeur: au Québec, le romarin est une plante en pot avant tout. Rusticité limitée à la zone 7, il ne survit pas à nos hivers, même protégé. La stratégie qui fonctionne: cultiver en grand pot qu'on laisse dehors d'avril à octobre, puis qu'on rentre à l'intérieur l'hiver près d'une fenêtre très ensoleillée, à température fraîche (10-15 °C idéalement). Germination lente et capricieuse à partir des semences (14 à 21 jours, parfois plus), beaucoup de jardiniers préfèrent acheter un petit plant établi en pépinière la première année et le multiplier ensuite par bouturage (les boutures racinent facilement dans un verre d'eau). Sol bien drainé, plutôt sec, alcalin, la pire ennemie du romarin, c'est l'humidité stagnante aux racines. Arroser modérément, laisser sécher entre les arrosages.
- Pollinisation libre. Vivace ligneuse (zone 7 seulement), culture en pot recommandée au Québec, hivernage à l'intérieur.
- Hauteur: 60 cm à 1,5 m selon la conduite.
- Maturité: récolte possible dès 4 à 6 mois après semis, production maximale dès la deuxième année.
- Exposition: plein soleil.
- Sol bien drainé, plutôt pauvre, alcalin (pH 7-7,5). Déteste l'humidité stagnante. En pot, utiliser un terreau à cactées ou ajouter du sable et de la perlite pour le drainage.
- Semis intérieur 10 à 12 semaines avant la mise en pot extérieur, en surface sans recouvrir (les graines aiment la lumière). Le bouturage de tiges semi-ligneuses au printemps reste la méthode la plus fiable pour multiplier la plante.